C’est assez rare pour ne pas le souligner. Hier, le président Malien a nommé une femme, Madame Cissé Mariam Kaïdama Sidibé comme Premier Ministre. En lieu et place de Modibo Sidibé, démissionnaire quatre jours plus tôt. C’est un véritable coup « tactique » et « marketing » de Amadou Toumani Touré (ATT) qui vient une nouvelle fois de faire preuve de malice, au moment ou l’actualité politique africaine est plus que houleuse.
Cette dame aura entre autre la lourde responsabilité d’organiser les élections générales – dont une présidentielle en 2012 – au Mali. Élections auxquelles ne participera pas ATT, qui achève son deuxième et dernier quinquennat à la tête du pays.
Ce qui m’intéresse chez Madame Cissé, en dehors de ses différentes fonctions de ministre, c’est son passage en tant que Sécrétaire Exécutif du Comité Internationale de lutte contre la sécheresse au sahel (CILSS) entre Août 1993 et Novembre 2000. Durant son mandat, elle a fait preuve de dynamisme et d’inventivité pour permettre aux populations du Sahel de « mieux vivre ». Agriculture, Irrigation, Reboisement, les valeurs du travail, le rejet du fatalisme auront été ces thèmes de prédilection lors de ses passages dans les régions et villages. Elle a mené de nombreux projets d’incitation à entrepreneuriat et au travail collaboratif. Elle est connu pour faire confiance à la jeunesse et n’est pas réfractaire aux changements.
Les 63 saisons de pluies de madame Cissé associées à son calme seront certainement une valeur ajoutée à la construction du Mali. Le continent Africain a besoin de dirigeants visionnaires, intègres et efficace. Pourquoi pas une femme ?
Je pense qu'on a plus besoin d'un système visionnaire, intègre et efficace que d'individualités.
De ce que je sais, la plupart des pays ont une idéologie de société définissant leur voolonté de vivre-ensemble.
Je n'ai pas encore lu d'idéologie décrivant un canevas de société pour favoriser le vivre-ensemble, et tant qu'il n'ya aura pas, le dirigeant le plus intègre se frottera toujours à des énergies de frottement internes.
On navigue à vue d'un point de vue idéologique. Même en étant intègre, visionnaire et efficace, vers quel sens diriger ses actions ? Peu de nos intellectuels pensent demain, beaucoup se restreignent à penser ici, maintenant.
Ce canevas est généralement porté par des "guides" des visionnaires. ça commence donc par des hommes (femmes) ensuite le projet de société. A un moment, la société à besoin d'être tirée par une minorité. Jamais tout le peuple au même moment aura les mêmes aspirations… Les "énergies de frottement internes" doivent être capitalisées en vue de sortir LE projet commun.
Très bon article coe d'hab!
Merci ^^
C'est une bonne chose. Par contre, j'ai peur qu'on lui mette ++++ de pression, du style "elle n'a pas droit à l'erreur" parce c'est une femme, ce qui serait dommage. On mettrait ses erreurs sur le fait qu'elle soit une femme…
J'espère vivement que non, et surtout je lui souhaite la meilleure des chances!!!! Que les autres gouvernements suivent donc son exemple..
bonne et grande nouvelle que voila. Murielle Fitoussi ecrivait il y a peu " 'Femmes au pouvoir, femmes de pouvoir'… le rapprochement sémantique sonne encore à l'oreille de quelques-uns comme une provocation" et pourtant nous devons accepter cette realite ineluctable meme en Afrique car elle s'inscrit dans le sens de l'Histoire. Plus pres de nous,m Yseulis Costes, l'une des pionneres et reussites du web frenchy disait egalement "'Un homme est jugé a priori compétent jusqu'à ce qu'il fasse la preuve de son incompétence. Une femme est jugée incompétente jusqu'à ce qu'elle fasse la preuve de sa compétence." Manoeuvre politicienne ou vision eclairee, l'avenir nous le dira. En attendant, a nous de souhaiter bon vent et bonne chance a Madame Sidibé Cissé.
Merci @Lydie pour ces belles paroles. C'est révélateur de la difficulté qu'on les femmes à faire valoir leur compétence. Tout ce qui devrait prévaloir, ce sont les faits, les actes et non les a priori et les mœurs rétrogrades. Comme tu l'a dit, nous souhaitons bon courage à Madame Sidibé.